DONNÉES COMPLÈTES SUR LA BRUCELLOSE

Impact sur la santé et l’économie, risque de transmission humaine

La brucellose est une maladie contagieuse hautement préoccupante pour la santé publique, en raison de sa transmission à l’homme et de ses conséquences économiques et sanitaires considérables. Elle figure dans le code des animaux terrestres de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et constitue une maladie contrôlée officiellement.

Transmission

Elle est provoquée par diverses bactéries de la famille Brucella, affectant diverses espèces, telles que les moutons, les chèvres et les chameaux (Brucella melitensis) ; les bovins, les buffles, les chameaux et les yaks (Brucella abortus) ; les porcs, les rongeurs, les lièvres, les rennes, les caribous (Brucella suis) ; et les chiens (Brucella canis), pour n’en nommer que quelques-unes. Toutes sont également transmissibles à l’homme, ce qui fait de la brucellose une maladie professionnelle, en particulier chez les vétérinaires, les abatteurs, les chercheurs, les éleveurs et les soignants qui travaillent au contact de ce type d’espèces.

Les Brucella sont capables de survivre relativement longtemps dans l’environnement. Leur survie peut atteindre 100 jours dans les matières fécales, 80 jours dans la terre et plusieurs mois dans des milieux gelés, si bien que la maladie se reproduit continuellement au sein des troupeaux.

La transmission de la brucellose se fait par contact direct avec des animaux infectés, des avortons, des excréments, des plaies cutanées, les conjonctives oculaires et les muqueuses nasales, mais aussi par voie orale, en ingérant du lait ou des produits laitiers non pasteurisés, en particulier de vache, de brebis et de chèvre, un aspect d’une extrême importance pour la sécurité des denrées alimentaires. Les excréments contaminent le sol, les enclos, les lits de paille, l’eau des ruisseaux et des puits.

Signes et symptômes

Chez l’homme, la brucellose occasionne une maladie fébrile aiguë (fièvre ondulante ou fièvre de Malte) qui peut devenir chronique et entraîner des complications graves impliquant les muscles, le système cardio-vasculaire et le système nerveux central.

Chez les animaux, la maladie se manifeste essentiellement par la survenue d’avortements ou une absence de reproduction. Bien que les animaux guérissent la plupart du temps et qu’ils soient capables de procréer à nouveau après le premier avortement, ils peuvent continuer à excréter des bactéries.

Comment la brucellose affecte-t-elle l’élevage?

  • Faible taux de natalité en raison de l’infertilité et de la faiblesse de la progéniture.
  • Perte de 25 % de la valeur de chaque animal.
  • Réduction de l’œstrus de 40 à 50 % chez les animaux infectés, allongement de l’intervalle de vêlage qui peut atteindre 20 mois.
  • Soins improductifs apportés aux animaux.
  • Diminution jusqu’à 20 % de la production laitière.
  • Coûts liés à la perte du cheptel, à l’abattage des animaux.
  • Augmentation des coûts de production de près de 8 % et des coûts opérationnels de la production laitière de près de 10 %.
  • Les pertes dues à la brucellose bovine pour un troupeau laitier de 100 bêtes se chiffrent à près de 39 % des bénéfices par rapport à un troupeau non contaminé par la brucellose.
  • La rentabilité de la production d’un troupeau brucellique est inférieure de 1,53 % à celle d’un troupeau indemne.

Comment la brucellose affecte-t-elle la santé et la sécurité alimentaire ?

  • Coûts liés à la restriction concernant la mobilisation et la fermeture des marchés nationaux et internationaux.
  • Coûts supplémentaires de vétérinaires chargés de la surveillance épidémiologique.
  • Coûts en main-d’œuvre pour l’abattage des animaux infectés.
  • Coûts associés au renforcement des programmes de vaccination, au contrôle et à l’éradication de la maladie.
  • Augmentation des maladies professionnelles (20 000 par an), parmi lesquels figurent les vétérinaires, les éleveurs, le personnel rural et les chercheurs.
  • Conséquences sur la santé des consommateurs de produits non pasteurisés.

Prévention : La solution la plus efficace

Il est très important de mettre en place des mesures de prévention (en particulier dans les zones endémiques de brucellose) afin de réduire la prévalence de la maladie.

Des mesures adéquates en termes de biosécurité et de santé au sein des troupeaux jouent un rôle essentiel dans la réduction de la transmission à des animaux sains.

La réalisation périodique de tests de diagnostic permet de déterminer la progression ou le recul de la maladie, afin de lancer des programmes d’éradication.

La vaccination est le meilleur atout pour réduire et prévenir la brucellose et ainsi éviter les pertes économiques et sanitaires.

Les Références

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